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Affichage des articles associés au libellé Bobin Christian

Texte : Musique des mots - Christian Bobin

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          J'écoute parfois les voix sans me laisser distraire par les mots qu'elles portent. Ce sont alors les âmes que j'entends. Chacune a sa vibration propre. Certaines n'émettent que de fausses notes : il faudrait qu'un Dieu retende leurs cordes, comme un aveugle accorde un piano.

Texte : Les fleurs et le deuil - Christian Bobin

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Quand tu es morte, je suis devenu un drogué des fleurs. J'en mettais partout dans ma maison. Le monde, dont ta mort m'avait détaché, tournait lentement comme une boule noire dans le noir mais il y avait cette insolence colorée des fleurs, ce démenti jaune, blanc, rouge, bleu, rose au néant monocorde... Le poing de marbre s'est retiré de ma poitrine. Je suis revenu au monde comme l'enfant presse son visage contre la vitre. Le monde n'aime pas la mort. Il n'aime pas non plus la vie. Le monde n'aime que le monde. Il a donc repris toute sa place. Presque : je n'oublie pas ce que m'ont dit les fleurs en ton absence. Car j'ai fini par les entendre. La vie est à peu près cent milliards de fois plus belle que nous l'imaginons - ou que nous la vivons. Je vois la vigne vierge à la fenêtre. Des souffles colorés traversent le pré Les fleurs sont les premières gouttes de pluie de l'éternel. ________________ - Photo "fleu...

Texte : Sourire - Christian Bobin

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- "Bébés tout sourire" de Notre Famille - Je ne sais pas de meilleure façon de penser que le sourire. Cela vous ouvre le visage et la vérité qui est fragile qui est fuyante plus que l'eau, craintive plus que l'ombre, le petit écureuil de la vérité s'approche sans trop trembler d'un visage sans clôture.

Fatigué ? - Christian Bobin

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- Grosse fatigue - À quoi reconnaît-on les gens fatigués. À ce qu'ils font des choses sans arrêt. À ce qu'ils rendent impossible l'entrée en eux d'un repos, d'un silence, d'un amour. Les gens fatigués font des affaires, bâtissent des maisons, suivent une carrière. C'est pour fuir la fatigue qu'ils font toutes ces choses, et c'est en la fuyant qu'ils s'y soumettent. Le temps manque à leur temps. Ce qu'ils font de plus en plus, il le font de moins en moins. La vie manque à leur vie.

Celui qui attend - Christian Bobin

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Photo "le hêtre du Ponthus" Celui qui attend est comme un arbre avec ses deux oiseaux, Solitude et Silence. Il ne commande pas à son attente. Il bouge au gré du vent, docile à ce qui s'approche, souriant à ce qui s'éloigne. Celui qui attend, nous l'appelons le "tout comblé" car dans l'attente, le commencement est comme la fin, la fleur est comme le fruit, le temps comme l'éternel.

Le lieu où nous vivons - Christian Bobin

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- Photo "Paris vue sur les toits" de Steve Lorillere - Nous vivons dans des villes, dans des métiers, dans des familles. Mais le lieu où nous vivons en vérité n'est pas un lieu. Le lieu où nous vivons vraiment n'est pas celui où nous passons nos jours, mais celui où nous espérons sans connaître ce que nous espérons, celui où nous chantons sans comprendre ce qui nous fait chanter.

Être en lien - Christian Bobin

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Je suis un jour entré dans un lien où chaque parole de l'un était recueillie sans faute par l'autre. Il en allait de même pour chaque silence. Ce n'était pas cette fusion que connaissent les amants à leurs débuts et qui est un état irréel et destructeur. Il y avait dans l'amplitude de ce lien quelque chose de musical et nous y étions tout à la fois ensemble et séparés comme les deux ailes diaphanes d'une libellule. Pour avoir connu cette plénitude, je sais que l'amour n'a rien à voir avec la sentimentalité qui traîne dans les chansons et qu'il n'est pas non plus du côté de la sexualité dont le monde fait sa marchandise première, celle qui permet de vendre les autres. L'amour est le miracle d'être un jour entendu jusque dans nos silences, et d'entendre en retour avec la même délicatesse : la vie à l'état pur, aussi fine que l'air qui soutient les ailes des libellules et se réjouit de leur danse.

La joie - Christian Bobin

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La joie est la matière la plus rare du monde. Elle n'a rien à voir avec l'euphorie, l'optimisme ou l'enthousiasme. Elle n'est pas un sentiment. Tous nous sentiments sont soupçonnables. La joie ne vient pas du dedans, elle surgit du dehors : d'une chose de rien, circulante, aérienne, volante.   

Merveilles - Christian Bobin

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Le bout du monde et le fond du jardin contiennent la même quantité de merveilles.

Les fleurs et la mort - Christian Bobin

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  Nous recevons la nouvelle de la disparition d'un être aimé comme l'enfoncement d'un poing de marbre dans notre poitrine. Pendant quelques mois nous avons le souffle coupé. Le choc nous a fait reculer d'un pas. Nous ne sommes plus dans le monde. Nous le regardon. Comme il est étrange. Le moins absurde, ce sont les fleurs. Elles sont des cris de toutes les couleurs. La moindre pâquerette cherche désespérément à se faire entendre de nous. Sa parole c'est sa couleur.  Quand tu es morte, je suis devenu un drogué des fleurs. J'en mettais partout dans ma maison. Le monde, dont ta mort m'avait détaché, tournait lentement comme une boule noire dans le noir mais il y avait cette insolence colorée des fleurs, ce démenti jaune, blanc, rouge, bleu, rose au néant monocorde... Le poing de marbre s'est retiré de ma poitrine. Je suis revenu au monde comme l'enfant presse son visage contre la vitre. Le monde n'aime pas la mort. Il n'aime pas non plus la vie....

Paternité - Christian Bobin

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  Le vrai père c'est celui qui ouvre les chemins par sa parole, pas celui qui retient dans les filets de sa rancœur. 

Texte : Peu importe la date - Christian Bobin

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  Après tout, peu importe la date. Elle n'amènerait rien de précis à votre méditation. Elle ne dirait rien de juste.  Quand une chose arrive, quand elle arrive vraiment, ce n'est jamais dans le temps qu'elle arrive. La mort, l'amour, la beauté, quand ils surviennent par grâce, par chance, ce n'est jamais dans le temps que cela se passe. Il n'arrive jamais rien dans le temps - que du temps.

Texte : Séparation - Christian Bobin

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Chaque séparation nous donne une vue de plus en plus ample et éblouie de la vie. Les arrachements nous lavent. Tout se passe, dans cette vie, comme s’il nous fallait avaler l’océan. Comme si périodiquement nous étions remis à neuf par ce qui nous rappelle de ne pas nous installer, de ne pas nous habituer. La vie a deux visages : un émerveillant et un terrible. Quand vous avez vu le visage terrible, le visage émerveillant se tourne vers vous comme un soleil. _________________ Photo :  Survivance

Citation : Légèreté de l'oiseau - Christian Bobin

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Légèreté de l'oiseau qui n'a pas besoin, pour chanter, de posséder la forêt, pas même un seul arbre. ________________________

Citation : C'est vivre ! - Christian Bobin

Je ne vous demande pas de chercher en vous-même. Je vous invite à être comme la terre nue, oublieuse d’elle-même, faisant même accueil à la pluie qui la bat et au soleil qui la réchauffe. ______________________

Citation : La mélancolie - Christian Bobin

La mélancolie est la maladie de celui qui, dépité de n'être pas tout, choisit, par un revers enfantin de l'orgueil, de n'être rien, ne gardant du monde que ce qui lui ressemble : le morne et le pluvieux. ________________________

Citation : La bonté - Christian Bobin

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- Photo issue de "Manger citoyen" - La bonté n'est faite que de gestes Ces gestes ne mènent pas à de grandes victoires Aucune légende ne les retient Ces gestes sont gestes de tous les jours bien plus héroïques que tout héroïsme. _____________________________

Citation : La paix et la force - Christian Bobin

La paix toute seule, c'est la mort. La force et la paix, c'est la vie. _______________

Citation : Préjugés - Christian Bobin

Ce qu'on sait de quelqu'un empêche de le connaître. _____________________

Citation : La vie en société - Christian Bobin

La vie en société, c'est quand tout le monde est là et qu'il n'y a personne. C'est aussi quand tous obéissent à ce que personne ne veut. _________________________