Articles

Affichage des articles associés au libellé Bellet Maurice

Texte : L'humilité nécessaire - Maurice Bellet

Image
  Il faut l'humilité. Pas la modestie, cette bienséance sociale qui peut servir à tant de fins. Mais l'humilité - si grande par sa petitesse même. C'est le publicain au fond du temple. Ce n'est pas l'exposé lyrique du néant de soi-même, du "cloaque d'iniquité", etc. C'est plus humble que cette humilité triomphante. C'est l'acceptation sans faiblesse de qui l'on est, où l'on est, par cette puissance obscurément donnée, qui fait que la destruction n'est pas toute-puissante.

Constat - Maurice Bellet

Image
  Avec d'autres chercheurs et penseurs, je constate en effet qu'il y a en ce monde une détresse telle... que nous ne la voyons plus. Cette maladie dangereuse, car souterraine, se traduit par des symptômes inquiétants, ceux d'un individualisme poussé à l'extrême. Ainsi, les désastres écologiques que nous connaissons ou encore l'effroyable écart entre un Bill Gates et un paysan de la Haute Égypte, autrement dit la fracture entre le Nord et le Sud. sans oublier la «perversion ordinaire», sont les perturbations psychiques qui affectent de nombreux jeunes : privés de la moindre notion de limite et de repère, ceux-ci se livrent à toutes sortes d'envies spasmodiques et compulsives... dont la violence. Bien sûr, évitons de verser dans un pessimisme du genre : «Tout va mal, c'est pire que jamais ! ». Reste que la situation demeure préoccupante. Or je le répète, le « lieu » où l'on peut déceler cette maladie afin d'y faire face, c'e...

Triste tableau ? - Maurice Bellet

Image
Il y a de quoi, dans notre monde, y sombrer. La férocité y est monstrueuse, le délire des puissants sans mesure, la raison s'y affole, le meilleur de ce qu'on y fait tourne au pire. Tableau infini. Toutefois, où mène ce pessimisme ? N'y a-t-il pas, aussi, l'opposé ? Et n'est-ce pas, devant la jeunesse et ce qu'elle porte nécessairement d'espoirs, l'éternel gémissement des vieux qui confondent leur fin avec la fin du monde ? Le pessimisme peut être complaisant, ou le fruit direct du mépris ou d'un goût de destruction. Ici, c'est différent. Il s'agit de celles et ceux qui avaient et qui ont du goût pour la vie, qui ont voulu le meilleur, qui se sont avancés en un chemin de création et communion ; et ils se sont trouvés, peut-être d'un coup, jetés dans ce qui était pour eux la fin de tout.

Ma dignité - Maurice Bellet

Image
  Ma dignité n'est pas mon courage ni ma force. Ma dignité, c'est de ne pas me résigner. _________________________

Quel chemin d'humanité ? - Maurice Bellet

Image
  J'essaie de voir quel chemin d'humanité possible se dessine... Un chemin qui permet de s'attaquer à la grande question : comment l'humanité peut-elle survivre et comment l'homme peut-il supporter sa propre condition ?  Question de toujours, me direz-vous, mais qui revêt, en ce moment, une acuité particulière.  Avec d'autres chercheurs et penseurs, je constate en effet qu'il y a en ce monde une détresse telle... que nous ne la voyons plus. Cette maladie dangereuse, car souterraine, se traduit par des symptômes inquiétants, ceux d'un individualisme poussé à l'extrême.  Ainsi, les désastres écologiques que nous connaissons ou encore l'effroyable écart entre un Bill Gates et un paysan de la Haute Égypte, autrement dit la fracture entre le Nord et le Sud.  Sans oublier la «perversion ordinaire», soit les perturbations psychiques qui affectent de nombreux jeunes : privés de la moindre notion de limite et de repère, ceux-ci se livrent à toutes sortes ...

Ecouter, c'est... - Maurice Bellet

Image
Écouter, c'est mettre l'autre au centre. Quand je parle, je suis le centre ; quand j'écoute, je m'empare de mon centre de gravité, et je le place pour un moment sur un autre. Écouter, c'est dire à l'autre : tu peux, avec moi, être qui tu veux, et comme tu veux : je ne te lâcherai pas ! L'écoute est sans méthode et sans règles, mais pourtant, selon les règles fondamentales, l'écoute c'est : * Laisser dire ce qui se dit, ne rien écarter, * Être présent entièrement, non pas seulement de tête, * Ne faire précéder son écoute de rien, * S'abstenir de tout jugement, de tout ce qui définirait l'autre, * Laisser l'autre parler sa langue, et se tenir d'abord en sa demande, * Oublier tout savoir, * Renoncer à tout pouvoir, * Ne rien vouloir pour l'autre, * Ne se prévaloir d'aucune fonction, et ainsi s'effacer entièrement.

Citation : Père et mère - Maurice Bellet

Image
  Il est bon pour un enfant d'avoir ses deux parents, chacun le protégeant de l'autre: le père pour le garder d'une mère trop dévorante, la mère pour le garder d'un père trop souverain. __________________

Citation : Être heureux - Maurice Bellet

Image
Le premier service qu’on peut rendre aux autres, C’est d’être heureux. Car le malheureux, même s’il ne le veut pas, Fait peser sur les autres son malheur. ______________________________ Photo : Lourde charge

Citation : P.I.P.I. - Maurice Bellet

J’ai naguère indiqué les quatre choses que nous avons à éviter : Nous plaindre, nous irriter Nous presser, nous inquiéter. La formule mnémotechnique est commode Mais peu élégante : P.I.P.I. _________________________________________

Citation : Mauvaise humeur - Maurice Bellet

Quand je suis hargneux, ou désobligeant, ou irritable, Cela ne se passe pas entre toi et moi, Mais entre moi et moi. ______________________

Citation : Mauvaise humeur - Maurice Bellet

Quand je suis hargneux, ou désobligeant, ou irritable, Cela ne se passe pas entre toi et moi, Mais entre moi et moi. ______________________

Citation : Le pire et le meilleur - Maurice Bellet

Puisque, dit le proverbe, Le pire n’est pas toujours sûr, On doit penser que le meilleur Est toujours possible. _____________________

Texte : Faux semblant - Maurice Bellet

Sous prétexte de résistance à l'esprit du monde, on peut très bien s'enclore dans une espèce de «bulle», ou de clan religieux où l'on se tiendra à l'écart des préoccupations sociales, de la rencontre entre la religion et la psychologie, la psychanalyse, à l'abri de toute confrontation avec la critique... considérant tout cela comme dépassé. Or, en demeurant bien au chaud dans une prière, une paix et une joie superficielles, on ne fait que conforter le monde dans ses aspects les plus redoutables. Tel le règne féroce de l'économie et de l'argent récapitulé dans cette maxime : «Si Dieu est Dieu, les affaires sont les affaires...». On se tient alors dans une dépendance absolue vis-à-vis du système en place, et c'est l'illusion la plus totale. L'attitude inverse consiste selon moi à risquer l’Évangile dans la confrontation la plus rude, la plus dangereuse avec la réalité de ce monde. En repérant d'abord où est le «lieu du co...

Citation : Je t'aime - Maurice Bellet

Je t'aime, autrement dit je me réjouis que tu sois ce que tu es ; et je ferai tout pour que tu le deviennes davantage. _________________________

Citation : Savoir - Maurice Bellet

Il y a deux sortes de gens sur qui l’on ne peut pas compter : Ceux qui ne savent pas : ils ne savent pas ! Ceux qui savent : ils n’apprendront rien. Sur qui donc peut-on compter ? Sur ceux qui savent qu’ils ne savent pas. ____________________________

Texte : Chercher Dieu - Maurice Bellet

Si quelqu'un se trouve alors sans Dieu, sans pensée, sans images, sans mots, reste du moins pour lui ce lieu de vérité : aimer son frère qu'il voit. S'il ne parvient pas à aimer parce qu'il est noué dans sa détresse, seul, amer, affolé, reste du moins ceci : de désirer l'amour. Et si ce même désir lui est inaccessible, à cause de la tristesse et de la cruauté où il est comme englouti, reste encore qu'il peut désirer de désirer l'amour. Et il se peut que ce désir humilié, justement parce qu'il a perdu toute prétention, touche le cœur du cœur de la divine tendresse.

Texte : La tendresse - Maurice Bellet

De quel amour aime donc la tendresse ? Cet amour est le pur laisser-être qui coïncide avec la volonté et la poussée la plus pressante du désir que l'autre soit, et sorte du piège de tristesse et avance gaiement sur sa voie ; mais c'est désir sans hâte et comme sans désir, poussée qui ne pèse rien, appel qui sait demeurer en silence. C'est l'espace offert et le temps libre, afin qu'il y ait place et temps pour la Voie. C'est préférer que l'autre soit, plutôt que non. C'est l'émerveillement qu'il soit, tel qu'il est. C'est croire en lui plus qu'il n'y croit lui-même. C'est espérer avec foi que sa voie s'ouvre devant lui et qu'il y sera bon et puissant. C'est l'aimer ni de tête, ni de cœur, ni de vouloir - mais avant ! Puisque si quelqu'un aime ainsi, son amour est lui-même, tout entier là. Et c'est lui-même tout entier là, s'effaçant, pour que demeure seulement, à qui la désire,...